La danseuse
La voilà enfin !
Elle est grande, jolie,
Son visage respire le bonheur
Son sourire illumine la salle entière
Elle semble tellement fragile
Son corps n’a pas eu à affronter
Les démons de l’extérieur
Elevée dans un cocon
Elle ne connaît rien du malheur
La danseuse est vêtue d’une robe si légère
Qu’une bise suffirait à la dénuder
Retenue par un lien si fragile
Qu’il me semble que s’il se brisait
La fragile jeune fille
S’effondrerait comme une poupée de chiffon
Mais déjà elle s’élance,
Les bras tendus en avant,
Les jambes raides, sur la pointe des pieds
Elle tourne, tourne, tourne, sur elle même
Ne ressemble plus à une femme
Mais plutôt à un élastique,
Qu’on aurait détendu brusquement…
Chaque geste est pourtant calculé, répété,
Chaque jour, des heures durant,
Pour son corps, C’est l’enfer !
Pas de repos, jamais de plainte,
La danseuse à juste le besoin de sourire
Dans ses yeux qui brillent
On devine combien elle est heureuse
C’est toute sa vie, qu’elle
expose !
C’est son corps qu’elle offre
La musique tantôt douce, la laisse respirer
Reprendre son souffle,
Pour que, quand le rythme devient sauvage,
Elle donne tout ce qui lui reste de force
Pour en fin de compte, retomber sur le sol
Comme un voile de soie
Que le vent aura mené à nous !
La danseuse fait révérence
Et dans un dernier émoi,
Je lui offre une rose, en guise de remerciement !
ANNAICK
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