
La fille près du banc
Ne la vois tu pas cette fille ?
Là pas loin de toi, une fille près du banc
Elle vient pour toi tu le crois
Sans doute mais peut-être pas
Est-elle jolie ?
Elle même ne le sait pas
Derrière elle reste l’émoi
De n’avoir pas fait le choix
Elle sourie mais ne sait pas pourquoi
Sans doute que si mais tu ne le sais pas
Près du banc elle s’approche et s’assoie
Croise les jambes, relève la tête
Elle sourie encore, semble tellement sereine
Il fait chaud mais elle ne le sent pas
Porte une petite robe à fines bretelles
Ote ses sandales pour mieux sentir la terre
Un casque sur les oreilles,
Mais que fait-elle ?
Elle s’adosse, se met à l’aise,
Son regard sur la foule se pose,
Mais elle semble ailleurs, son monde à elle
Parfois, tu peux presque entendre
Le son de sa voix quand tout bas elle chante
Un instant ferme les yeux pour mieux entendre
Les notes, les sons, les partitions
Qui devant elle dansent
Une bretelle sur son épaule tombe,
Machinalement, discrètement, malheureusement
Elle la relève
Et lorsqu’enfin son corps balance
Au rythme des accords
Un frisson parcourt sa chair,
Tu t’approches on ne sait jamais
Les effluves de son parfum te sont désormais familières
Encore et toujours elle sourie
Mais pas à toi, simplement à la vie
Enfin c’est ce qu’elle croit
Un peu à toi mais pas trop
Elle ne veut pas d’ennui
C’est ainsi que, quand enfin près d’elle, tu t’assois
Elle se penche mais pas trop, laisse deviner les formes de son corps
Se rechausse et se lève
Lentement se retourne, et dans un divin sourire
Semble t’appartenir
Pour enfin s’éloigner et ne jamais revenir
ANNAICK

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