Le pêcheur

Sur le sable, seul, il attend.
Il est assis, se tient les genoux,
Il doit avoir froid, il porte des gants !
Il a aussi une écharpe autour du cou.
Immobile, je me demande à quoi il pense,
Ses yeux, fixent un point bien précis
Qui se perd sur l’océan, immense…
Il doit aimer la solitude,
Pour rester des heures ainsi immobile…
Parfois il change d’attitude,
Se lève, pose la cane sur sa hanche, habile,
Mouline rapidement d’un geste assuré
Les vagues viennent caresser discrètement
Ses pieds de chaudes bottes chaussés,
Une petite grimace se dessine lentement
Quand il aperçoit l’hameçon….vide !
Tiens ! il n’est plus seul !
Une femme, sur la plage, se promène…
Il tourne la tête, machinalement, jette un œil,
Elle semble détendue, sereine…
La femme chante, le vent porte les notes jusqu’à lui,
Elle ne semble pas s’apercevoir de sa présence,
Il se concentre, ajuste la canne, se cambre, prend un appui
D’un geste sûr, précis, presque beau, il lance….
L’hameçon vole très haut, longtemps il flotte dans les airs
Pour plonger bien plus loin dans l’eau froide et houleuse
C’est un beau lancé, il a l’air fier !
La mer cette fois, sera-t-elle plus généreuse ?
L’homme se rassoit, reprend la pose,
Ici, le temps n’a plus d’importance…
Cet homme, cette femme, dont les pensées se reposent,
Face à ce paysage, étrange, bruyant, immense…
Se retrouvent face à face avec eux-mêmes,
Sans besoin, pour une fois, de guider les rênes,
Se laisser aller, contempler sagement, silencieusement,
Sans aucune autre envie
Que de sourire à l'ennui !

Annaïck

menusuivante

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